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Sly and The Family Stone

There’s A Riot Goin’ On

Dieu sait si 1971 fut une immense année pour le rock, le pop et la soul  partout dans le monde, mais une mention toute spéciale doit encore aller à trois albums pivots de la black music US : PIECES OF A MAN de Gil Scott-Heron, WHAT’S GOING ON de Marvin Gaye et THERE’S A RIOT GOIN’ …

mercredi 03 août 2011
sly&thefamilystone

Dieu sait si 1971 fut une immense année pour le rock, le pop et la soul  partout dans le monde, mais une mention toute spéciale doit encore aller à trois albums pivots de la black music US : PIECES OF A MAN de Gil Scott-Heron, WHAT’S GOING ON de Marvin Gaye et THERE’S A RIOT GOIN’ ON de Sly And The Family Stone. There’s A Riot Goin’ On

Trois albums résonnant de percutantes réflexions politiques en cette année cruciale pour les noirs américains (Vietnam, émeutes raciales), dont deux portent des titres siamois. Comme par hasard – et pour ne pas faire mentir la version « complotiste » de l’état des choses chère à James Ellroy, ces trois artistes seront bientôt la cible soit du FBI directement (Scott-Heron,  alors proche du Black Panther Party), soit des dealers et gangsters infiltrés dans le BPP par le FBI (Gaye, un peu ; Sly à s’en faire éclater le système neuronal, hélas !) N’empêche : ce trio d’albums sombres comme un horizon lourd d’orages ridiculise toujours haut la main les rodomontades contemporaines des Rolling Stones , John Lennon, MC5 et autres blancs-becs énervés du moment (leur talent n’est pas en cause : il est juste hors-sujet par comparaison

There’s A Riot Goin’ OnPrenez le Sly : deux ans après STAND ! et sa floppée de singles batifolants, c’est comme si le Texan Flambard avait mixé (presque seul) le funk d’un James Brown méthamphétaminé et le méta-jazz du Miles de BITCHE’S BREW autour de thèmes écrits par Phil Spector un soir de pleine lune : effarant, affolant, iconoclaste, hyperréaliste, cynique, mortel…irresistible à haute comme à basse fréquence !!… « Family Affair », co-chuinté par Sister Rose et un Sly qui se prend pour Solomon Burke, est le chaînon manquant entre Duke et Prince, «  Runnin’ Away » la référence ultime de la future disco-soul dans son acception la plus majestueuse, et « Spaced Cowboy » tout simplement la version symphonique et atomisée (en 4 minutes) du Docteur Folamour de Stanley Kubrick ( Sly aurait pu composer la BO de tous ses films…EyesWide Shut inclus ! ) Bon, après, Sly s’est planté dans les grandes largeurs, et le FBI l’a dévoré cru, mais THERE’S A RIOT…n’a jamais cédé un pouce de son apocalyptique éclat…