Elvis Presley

Elvis Presley : 35 ans déjà…

Il y a 35 ans, le 16 août 1977, disparaissait à l’âge de 42 ans, victime d’une crise cardiaque, celui qui a non seulement révolutionné une fois pour toute l’histoire de la musique, mais bien au-delà, sans doute inconsciemment, le cours de la société… Sans lui, c’est eux qui le disent, ni les Beatles, ni …

mardi 07 août 2012

Il y a 35 ans, le 16 août 1977, disparaissait à l’âge de 42 ans, victime d’une crise cardiaque, celui qui a non seulement révolutionné une fois pour toute l’histoire de la musique, mais bien au-delà, sans doute inconsciemment, le cours de la société… Sans lui, c’est eux qui le disent, ni les Beatles, ni Bob Dylan, ni Johnny Hallyday chez nous et, tant d’autres n’auraient existé… Et si le phénomène perdure, c’est sans doute parce qu’aujourd’hui encore, comme par le passé, Elvis touche les générations nouvelles.

Lorsqu’il se présente, en 1953, chez Sun à la secrétaire de Sam Phillips, Marion Keisker, alors qu’il a tout juste 18 ans et qu’il vient enregistrer à ses frais une maquette, Elvis annonce lui-même d’emblée

ce qui fera son immense succès. A la question : Quel genre de chanteur êtes-vous ? il répond tout bonnement : Je chante de tout. Il rajoute, qu’il ne s’inspire de personne en particulier et que de plus, il ne ressemble à personne. C’est en fait ce vaste éclectisme qui va lui permettre de faire la synthèse de toutes les musiques, d’où qu’elles viennent : gospel, country, blues, R&B, pop, ballade… et même bien au-delà. C’est tout cela qui fera titré à un magazine américain, quinze ans plus tard, à la suite de la diffusion, le 3 décembre 1968, sur la chaîne NBC de l’émission spéciale ’68 Comeback : Elvis : Un homme, toute la musique.

Elvis aime toutes les musiques et va même dénicher, dès ses premiers enregistrements, avec pour exemple That’s All Right – son premier disque officiel en juillet 1954 -, des chansons totalement passées inaperçues aux oreilles des autres. Il est libre, il ne s’enferme dans aucun style et ne fera pas comme beaucoup de « l’Elvis » toute se vie… S’il est bien sûr le Roi incontesté du Rock’n’Roll, qui serait certainement resté sans lui à un stade anecdotique, il va faire preuve immédiatement, non seulement de qualités vocales exceptionnelles, mais montrer également la volonté de ne pas se laisser enfermer dans un style particulier.

Pendant un an et demi jusqu’à la fin 1955, il va battre tout le Sud des Etats-Unis, en avalant un nombre incroyable de kilomètres pour donner près de 300 shows et poser les bases de la musique qui va bouleverser la planète : le Rock’n’Roll. Partout où il passe, il fait des petits, en le voyant tous veulent faire la même musique que lui de Carl Perkins à Buddy Holly en passant par Roy Orbison, Wanda Jackson ou encore Gene Vincent, Johnny Cash et Jerry Lee Lewis…

La machine est lancée dès janvier 1956 avec la signature d’un contrat avec les disques RCA. Malgré l’acharnement des ligues de vertus, de certains médias, à le faire passer pour le diable, rien ne pourra l’arrêter. Et, en seulement quelques mois, il va non seulement battre tous les records de ventes de disques, additionner les numéros un, battre tous les records d’audiences télé, mais se voir également propulser tête d’affiche au cinéma… Du jamais vu ! Il chamboule tout, les Jordanaires Gordon Stoker et Ray Walker : L’industrie de la guitare n’a jamais été aussi florissante avant qu’il n’arrive avec une guitare autour du cou ? Tout le monde voulait s’acheter une guitare. Les radios, les transistors, les tourne-disques ont aussi commencés à se vendre à partir de ce moment-là. Quelqu’un a dit, qu’il avait donné plus de travail à des tas de gens, qui ne s’en sont jamais rendu compte, que n’importe qui dans l’histoire de notre civilisation. Pour preuve Bruce Springsteen : J’ai vu Elvis à l’Ed Sullivan Show et le lendemain je suis allé m’acheter une guitare.

Ce qui est absolument incroyable, c’est que dans la foulée, comme une traînée de poudre, sans la puissance médiatique qui suivra quelques années plus tard, le phénomène va gagner le monde entier. L’Europe va succomber à son tour, à l’image de l’Angleterre où plus encore qu’ailleurs son influence sera incomparable et aboutira à la naissance de toute la seconde vague du Rock’n’Roll qui dans les années 60 envahira à son tour la planète. Keith Richards des Rolling Stones : J’ai entendu Heartbreak Hotel un soir et quand je me suis réveillé le lendemain j’étais un autre homme… Il y a ainsi actuellement au Musée Beatles de Liverpool une exposition qui s’intitule : Comment Elvis a influencé les Beatles.

Par la suite, devenu le King, tout ce qu’il va toucher va se transformer en or. Très vite ses ventes de disques vont atteindre des sommets qui resteront infranchissables. Hollywood, où il va tourner 31 films, va se l’accaparer un temps dans les années 60, et même si certains jugent que quelques-uns de ceux-ci sont sans grand intérêt, le fait est là : il sera aussi l’acteur le plus payé de la Mecque du cinéma. Dans le même temps, il va continuer à engranger les numéros uns et asseoir sa notoriété dans tous les domaines.

En 1968, il décide de tourner la page hollywoodienne et opère un retour fracassant à la télévision avec le ’68 Comeback, devenu mythique aujourd’hui. Il sera suivi, en 1969, d’un retour à la scène qui, là encore, va le voir en 1 200 concerts jusqu’en juin 1977, battre tous les records dans toutes les plus grands salles des Etats-Unis. En janvier 1973, il donne le premier show télévisé en mondovision en direct : Aloha From Hawaii, depuis près de 40 ans plus tard, aucun artiste solo n’a fait de même.

Le disc-jockey Wolfman Jack qui a inspiré le film American Graffiti a dit : Je crois qu’on parlera encore de lui dans deux mille ans !… Le fait est là : 35 ans après sa disparition, il reste omniprésent. Ainsi, il vient d’être à nouveau récompensée, ce mois d’août 2012, par la remise aux USA, de 4 disques de Platine, 4 disques d’Or et un disque Diamant (10 millions d’exemplaires) pour l’Elvis’ Christmas Album!!… Il reste indétrônable! C’est en tout cas de cela qu’attestent les statistiques incontestables du Billboard aux USA et du Guinness World Records en Angleterre, classements qui s’étalent de 1955 à 2010 où Elvis rafle toutes les premières places que ce soit pour les singles ou les albums. Le Guiness titre sa chronique ainsi : Elvis Aron Presley est la plus grande influence et l’artiste le plus important de ces 50 dernières années. Où l’exploit est absolument prodigieux, pour ne pas dire surnaturel, c’est que ces 35 ans d’absence, alors qu’il n’a eu en fait réellement que 23 années de carrière, n’ont rien entamé de sa suprématie et le place très largement en tête devant des artistes qui sont toujours actifs où qui ont plus de 50 ans de carrière ! Du fait de ce qui précède, il est naturellement le recordman absolu des récompenses, Gold, Platine, Multi-platine… décernées par le RIAA (Recording Industry Association of America) et des ventes de disques, le chiffre le plus fréquemment évoqué tourne autour de 1 milliard et demi, tous formats et labels confondus.

La grande force d’Elvis, c’est d’être devenu, dès les années 50, le premier artiste à avoir conquis le monde. Elle réside également dans son éclectisme et son universalité, pour exemple, il est l’artiste blanc qui a placé le plus de titres dans le Top 10 R&B et chacun s’accorde à souligner le rôle essentiel qu’il a joué dans la lutte contre la ségrégation, James Brown : Je n’étais pas juste un fan d’Elvis, j’étais son frère…

Elvis fait partie aujourd’hui de la mémoire collective, il est devenu éternel, pour preuve la permanence de l’utilisation de son image au travers du cinéma, de la pub, de la littérature, de la musique… 18 millions de visiteurs payants sont passés ces dernières années par Graceland, sa maison où il repose. Des dizaines de milliers de personnes vont se retrouver en ce mois d’août 2012 à Memphis pour la commémoration des 35 ans de sa disparition. Il sort aujourd’hui toujours autant de disques que de son vivant, si ce n’est plus, sans parler des livres, vidéos… Il est vrai qu’il a beaucoup travaillé et toujours en live et qu’il était précurseur non seulement dans le domaine de la musique, mais dans beaucoup d’autres : la mode, le karaté,… Il s’intéressait à toutes les philosophies et par dessus tout il avait un très grand respect des autres, il n’a jamais oublié d’où il venait et était d’une générosité légendaire… Elvis est intemporel, il fait partie de l’histoire de l’humanité de ces êtres rares qui aident les autres à vivre, à passer… Stephen King : Le talent d’Elvis a éclairé des millions de vies…