Bob Dylan

L’EXPLOSION ROCK 61-66 à la Cité de la Musique, Paris

 Bob Dylan va être présenté, célébré, et surtout révélé comme il ne l’a jamais auparavant été dans notre pays. En effet, entre le 6 mars et le 15 juillet 2012, La Cité de la Musique, à Paris, consacre au songwriter le plus influent de toute l’histoire de la musique populaire américaine une très instructive et …

mardi 21 février 2012

 Bob Dylan va être présenté, célébré, et surtout révélé comme il ne l’a jamais auparavant été dans notre pays. En effet, entre le 6 mars et le 15 juillet 2012, La Cité de la Musique, à Paris, consacre au songwriter le plus influent de toute l’histoire de la musique populaire américaine une très instructive et attrayante exposition appelée Bob Dylan : L’Explosion Rock 61-66. Un intitulé qui va peut-être surprendre ceux, ils sont encore très nombreux, qui continuent d’associer l’auteur de « Blowin’ in the Wind », de « The Times They-Are a Changin’ », de « A Hard Rain’s A-Gonna Fall », et d’autres chansons rassemblées sous le terme protest songs, à un seul genre musical lié à une courte période historique : le folk du tout début des années 60… En réalité, et la sortie en parallèle à l’expo, d’une double compilation CD, baptisée elle aussi L’Explosion Rock 61-66, (1961, année de la signature de l’artiste chez Columbia, 1966, celle de son chef d’oeuvre Blonde On Blonde ) démontre en 30 morceaux, tous révélateurs d’une évolution constante, que le chanteur à la voix souvent décrite comme nasillarde, à l’harmonica strident et aux mélodies connues de toutes les générations a aussi été l’un des plus grands innovateurs du rock. En seulement deux années, 1965 et 1966, il a révolutionné cette musique avec ce que l’on a plus tard appelé « sa trilogie électrique » (les albums, Bringing It All Back Home, Highway 61 Revisited et Blonde On Blonde), celle de son Explosion Rock, justement… Avant ces disques, le genre véhiculait une rébellion un peu naïve et des rythmes qui effrayaient les adultes, après, il est aussi devenu synonyme d’intelligence, d’écriture, de profondeur et même d’introspection. Bob Dylan a par exemple été le premier « chanteur pop » (comme on l’a aussi qualifié) à décrire la complexité des rapports entre les personnes. Bob Dylan : L’Explosion Rock 61-66, c’est aussi celle des convenances et habitudes textuelles….

Le rock, Bob Dylan l’a enrichi de mots forts, parfois lorgnant vers la poésie, d’autres fois faisant appel à l’absurde, et de sonorités inédites. D’abord parce qu’il ne chantait vraiment pas comme les autres, mais aussi parce que ses disques électriques ne sonnaient pas non plus comme ceux des autres. Personne par exemple avant Highway 61 Revisited n’avait eu l’idée de marier dans un même accompagnement, rythmique rock classique, basse+batterie, orgue Hammond, piano et harmonica… Et puis, Bob Dylan a marqué l’histoire du rock en composant quelques-uns de ses grands classiques : « Like a Rolling Stone », évidemment, qui malgré une durée peu radiophonique (six minutes !), a été diffusé partout dans le monde, de manière incessante pendant l’année 1965 et celles qui ont suivi. Un « hymne générationnel », comme on l’a souvent dit, tout comme l’était « Mr Tambourine Man », et beaucoup d’autres que l’on retrouve sur la compilation Bob Dylan : L’Explosion Rock 61/66, qui laisse aussi beaucoup de place à des morceaux d’apparence moins évidente, mais tout aussi essentiels. « Desolation Row », par exemple, et ses 11mn guidées par un phrasé vocal expressif impressionnant. « I Want You » et « Just Like a Woman », deux des sommets de « Blonde On Blonde », le premier double 33T de l’histoire de la musique, enrichissent aussi cette parfaite rétrospective qui n’oublie évidemment pas les fameuses années folk, celles des albums The Freewheelin’ Bob Dylan et The Times They Are A-Changin’. Là, armé de sa seule guitare sèche et de son harmonica, la « Voix de sa génération », comme on l’a appelé, soutenait le combat pour les droits civiques des afro-américains ou exprimait sa haine des guerres et de ceux qui les provoquaient. « Masters of War » ou « A Hard Rain’s A-Gonna Fall » (où est évoquée la peur d’un conflit nucléaire), entre autres, dénonçaient avec une ahurissante puissance mélodique et littéraire les horreurs des temps passés, présents et à venir.

Ce n’est pas tout à fait un hasard si l’exposition Bob Dylan : L’Explosion Rock 61-66 est organisée aujourd’hui, cela fait en effet tout juste 50 ans (le 19 mars 1962) que paraissait aux USA le premier album de l’artiste (appelé Bob Dylan, tout simplement), les cinq années qui allaient suivre sont évoquées de façon variée et riche dans les salles de la Cité de la musique. De nombreuses photos de Daniel Kramer, le photographe quasi officiel de l’épopée, vont être montrées, une guitare, des manuscrits, énormément de documents rares rappelant l’époque seront découverts par les fans et les néophytes. Une grosse partie de l’expo sera aussi consacrée aux venues, dans les Sixties, de la folk/rock star dans notre pays.
Et puis, des concerts hommages vont être organisés (avec Moriarty, Herman Dune, Sophie Hunger ou Syd Matters), ainsi que deux journées (les 10 et 11 mars) de projections de films. Bob Dylan : L’Explosion Rock 61/66, exposé à Paris ou résumé sur disque Legacy Recordings, s’annonce comme l’un des grands évènements de l’année 2012.

Découvrez la bande son de l’exposition

Un double CD 30 titres

 

Un coffret réunissant les 7 premiers albums de Bob Dylan ainsi que le DVD « The Other Side Of The Mirror :Bob Dylan Live At The Newport Folk Festival 63/65 »

ainsi qu’un coffret réunissant la compilation 2 CD et 10 photos grand format affichables.