Jimi Hendrix

JIMI HENDRIX EXPERIENCE FREEDOM: ATLANTA POP FESTIVAL

L’album et le documentaire qui dévoilent le contexte de la performance historique que Jimi Hendrix délivra le 4 juillet 1970 devant le public américain le plus nombreux de sa carrière.

mardi 04 août 2015

À environ 160 km d’Atlanta, à proximité d’un champ situé aux abords de la ville de Byron, une plaque érigée par la Georgia Historical Society indique le lieu où s’est tenu le second Atlanta International Pop Festival. Du 3 au 5 juillet 1970, le public de ce festival de musique rock a pu assister « à plus de 30 performances musicales, parmi lesquelles celle donnée par l’icône du rock Jimi Hendrix devant le plus grand public américain de sa carrière. » Malgré un nombre de spectateurs impressionnant (que l’on estime entre 300 000 et 400 000), le festival, et plus particulièrement la performance de Jimi Hendrix, n’avaient jusqu’à présent pas été reconnus à leur juste valeur en termes d’importance et de portée historique.

Jimi Hendrix: Electric Church : disponible dès le 30 octobre en DVD et Blu-Ray, ce nouveau documentaire revient sur la performance de l’icône rock au festival d’Atlanta et sur le contexte qui l’a entourée, avec en outre des contenus bonus inédits. On y découvre plus en profondeur l’histoire de ce gigantesque festival, acclamé à l’époque comme le « Woodstock du sud », et aujourd’hui reconnu comme le dernier grand festival de rock des États-Unis. Le film montre comment la communauté naissante des amateurs de festivals rock a déferlé en masse sur le minuscule village de Byron, et y a vu Jimi Hendrix délivrer une performance inoubliable.

La lumière y est faite sur les efforts déployés par le promoteur Alex Cooley pour donner naissance à ce que serait le festival. S’il était parvenu à assurer la participation de talents tels que Bob Seger, BB King et les Allman Brothers, Hendrix était l’élément qu’il lui manquait pour faire de ce festival de trois jours un événement culturel incontournable. Electric Church contient des interviews de Billy Cox et de Mitch Mitchell, membres du groupe The Jimi Hendrix Experience, ainsi que de Paul McCartney, Steve Winwood, Rich Robinson, Kirk Hammett, Derek Trucks, Susan Tedeschi, de l’organisateur du festival Alex Cooley, et de nombreuses autres personnalités. Découvrez également des images incroyables en 16 mm et en couleurs de la prestation de Jimi Hendrix le jour de la fête nationale américaine, tout juste dix semaines avant sa mort prématurée. Ce jour-là, il a brillé notamment par son interprétation de classiques de son répertoire tels que « Hey Joe », « Voodoo Child (Slight Return) », « Purple Haze », ainsi que par sa performance affirmée et convaincante sur des morceaux tels que « Room Full Of Mirrors », « Freedom » et « Straight Ahead », des titres que Jimi n’avait alors encore jamais enregistrés sur aucun album de son groupe Experience, mais qui devaient figurer sur l’album qu’il préparait cet été-là. Autre petit bijou, son interprétation de « The Star Spangled Banner » sur fond de détonations de feux d’artifice… Alex Cooley s’en souvient : le public en avait été « sidéré ».

L’enregistrement audio Freedom: Jimi Hendrix Experience Atlanta Pop Festival sort le 28 août, et compte six performances qui n’apparaissent pas dans le documentaire. Il sera disponible sous la forme d’un coffret de 2 CD, ainsi que d’un ensemble de 2 vinyles LP de 180 grammes.

Au début des années 1970, Jimi Hendrix comptait incontestablement parmi les artistes de rock les plus en vogue de sa génération, et avait captivé le public du monde entier avec son approche très personnelle des sonorités Blues à la guitare. Dans Electric Church, Paul McCartney admet volontiers l’admiration qu’il lui vouait, et ajoute : « Nous jouions tous de la guitare. Nous nous débrouillions tous. Mais il semblait se débrouiller mieux que nous. »

Jimi Hendrix a porté le concept des festivals de rock sur le devant de la scène en offrant une performance décoiffante lors du Festival international de musique pop de Monterey de 1967, en Californie, en apparaissant en tête d’affiche du premier Miami Pop Festival en 1968 et en délivrant lors d’un show éblouissant à Woodstock en 1969 ce qui allait devenir l’hymne de cette contre-culture.

Sa performance lors du second Atlanta International Pop Festival ne revêt pas seulement une importance au niveau musical, mais également en termes de dynamique socio-politique. Ses organisateurs souhaitaient vivement faire reculer les communautarismes qui divisaient encore très ostensiblement les populations du Sud profond. Tout laissait à penser que le public rural verrait d’un mauvais œil les groupes « à cheveux longs », et que des artistes noirs et blancs ne pourraient pas partager sereinement une même scène ; les organisateurs du festival se sont donné pour mission de faire mentir ces suppositions. La musique d’Hendrix et son message d’amour universel ont fait de lui l’artiste idéal pour représenter ce mouvement et c’est ainsi qu’il a été le premier inscrit à l’affiche du festival.

Dans la chaleur étouffante de l’État de Géorgie, se frayant un chemin entre les motards intimidants employés pour assurer leur sécurité, des centaines de milliers de mordus de musique, jeunes pour la plupart, ont déferlé sur les lieux du festival, jusqu’à faire tomber les barrières et obliger les organisateurs à en faire un événement gratuit. Les forces de police, qui n’étaient pas équipées pour faire face à une foule d’une telle ampleur, ont adopté une politique de non-intervention concernant le contrôle de la foule, la drogue et la nudité. Contre toute attente, l’événement s’est révélé majoritairement pacifique. Lorsque The Jimi Hendrix Experience est entré en scène le soir du 4 juillet, le public comptait plus de 300 000 spectateurs.

Les festivals musicaux de masse, anarchiques et dont l’accès n’était pas compromis par des prix élevés et des sponsors de grandes marques n’allaient pas tarder à disparaître, et l’Atlanta Pop Festival était le dernier de cette espèce en voie d’extinction. Glenn Phillips (Hampton Grease Band) déclare à ce sujet : « Avec le recul, c’était en quelque sorte la fin d’une époque, et cette époque s’est finie en beauté. C’était un moment intense. »

La séquence d’Electric Church sur le festival d’Atlanta a été tournée par Steve Rash, célèbre par la suite pour avoir réalisé des films tels que The Buddy Holly Story et L’amour ne s’achète pas. Rash avait l’intention d’utiliser la séquence que son équipe et lui étaient en train de filmer dans un documentaire dans la veine de Woodstock. Le projet n’ayant pas vu le jour, la quasi-totalité du film est restée dans une remise chez Steve Rash, non développée, pendant plus de trente ans. La pellicule couleur a remarquablement bien résisté, et offre une expérience visuelle incomparable.

Dans le coffret Freedom, Bill Mankin, qui a travaillé à la construction et au plus près des équipes de scène du festival, fournit des notes explicatives et nous délivre ses impressions d’alors  : « Au centre du vortex se trouvait le grand magicien de la guitare : l’incarnation d’une vie vécue pleinement et spontanément, sans limites, sans frontières, et qui mettait le cap sur les étoiles à la vitesse de la lumière ».

Jimi Hendrix Experience – Freedom: Atlanta Pop Festival 2 CD/2 VINYLES LP (date de sortie : 28 août)

Disque 1

  • Fire
  • Lover Man
  • Spanish Castle Magic
  • Red House
  • Room Full Of Mirrors
  • Hear My Train A Comin’
  • Message To Love

Disque 2

  • All Along The Watchtower
  • Freedom
  • Foxey Lady
  • Purple Haze
  • Hey Joe
  • Voodoo Child (Slight Return)
  • Stone Free
  • Star Spangled Banner
  • Straight Ahead

 

 

 

Jimi Hendrix: Electric Church DVD/Blu-ray (date de sortie : 30 octobre)
Contient 3 morceaux supplémentaires non compris dans la version diffusée, ainsi que d’autres contenus bonus de Jimi Hendrix totalement inédits.