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Paul Simon

Un parcours atypique

Au sein du duo qu’il forma longtemps (et reforme de temps à autres) avec Art(hur) Garfunkel, Paul Simon n’était pas celui que les hordes de fans reconnaissaient à sa longue silhouette et adulaient pour sa voix d’or : trop petit, trop rondouillard, trop…banal, on le prenait souvent pour le chauffeur ou le comptable – Woody Allen …

vendredi 08 juillet 2011
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Au sein du duo qu’il forma longtemps (et reforme de temps à autres) avec Art(hur) Garfunkel, Paul Simon n’était pas celui que les hordes de fans reconnaissaient à sa longue silhouette et adulaient pour sa voix d’or : trop petit, trop rondouillard, trop…banal, on le prenait souvent pour le chauffeur ou le comptable – Woody Allen le caricatura d’ailleurs en importun maladroit. Pourtant, c’était lui, l’Oncle Paul au visage de Pierrot Egaré, qui écrivait, composait, concevait tout ou presque, avant même que ne surgisse une, puis deux, puis cinq ou six générations d’auteurs compositeurs interprètes dûment estampillés (on l’oublie trop souvent entre Dylan, Cohen, Randy Newman, Carole King, James Taylor, Joni Mitchell et autres Jackson Browne…)

Pourtant encore, de tous et toutes, il fut, une fois le célèbrissime duo mis en sommeil prolongé, le plus constamment épris de nomadisme musical, le meilleur dans la catégorie « sourciers », et ce bien avant le coup d’éclat « multiculturel » de GRACELAND, (en 1986, renouvelé en 1990 par THE RHYTHM OF THE SAINTS ). Un parcours atypique

Ses trois premiers albums en studio (que complète IN CONCERT : LIVE RHYMIN’ avec les soyeux Jessy Dixon Singers) en sont la brillante et surtout délectable illustration : PAUL SIMON ( 1972 ) lève la crème des musiciens des deux Côtes pour dix dentelles au point de croix, plus un crochet visionnaire par la Jamaïque (« Mother And Child Reunion »,  première mondiale pour son injection de rythmique reggae et ses boucles de refrains typiquement ska montées sur une chanson majeure !..) ; THERE GOES RHYMIN’ SIMON ( 1973 ), avec son collier de diamants ciselés aux quatre coins des traditions populaires US alors négligées (« Take Me To The Mardi Gras» et «Kodachrome» pour la Louisiane, «Learn How To Fall»  et «American Tune» pour le Midwest , «What A Sunny Day» et «Loves Me Like A Rock» pour les Appalaches…) ; STILL CRAZY AFTER ALL THESE YEARS ( 1975 ) est paradoxalement plus sage, moins voyageur, mais les hits s’y empilent ( « Still Crazy… », « 50 Ways To Leave Your Lover », « My Little Town » en duo avec…Art G. ! ), mais qui parmi ses estimés confrères n’eut pas donné une main, un bras, une oreille pour « Silent Eyes » ( plus majestueux que «  Bridge Over Troubled Water », plus émouvant que « The Boxer » …) ?