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L’émission Sex Machine enfin disponible en un coffret DVD!

Jusqu’à aujourd’hui, aucune image de l’émission n’a jamais été rendue disponible sur aucun support, c’est donc avec beaucoup de fierté que Sony Music est heureux d’annoncer la sortie en DVD le 7 novembre, des meilleurs moments de l’émission musicale culte des années 80, SEX MACHINE !   François Mitterrand est élu en mai 1981, et …

lundi 07 novembre 2011

Jusqu’à aujourd’hui, aucune image de l’émission n’a jamais été rendue disponible sur aucun support, c’est donc avec beaucoup de fierté que Sony Music est heureux d’annoncer la sortie en DVD le 7 novembre, des meilleurs moments de l’émission musicale culte des années 80, SEX MACHINE !

 

François Mitterrand est élu en mai 1981, et la France passe de l’ombre à la lumière. Enfin, de Mireille Mathieu à Dalida, dans un premier temps. L’héritage du son anglo-saxon n’a pas encore envahi notre vieux continent.

C’est ce qui va commencer à se passer à la télé grâce à Philippe Manœuvre et Jean-Pierre Dionnet, qui veulent rendre compte de la nouvelle vague funk qui s’apprête à déferler. Nom de code du programme qu’ils proposent à la deuxième chaine française : Sex Machine.
C’est sous l’ombre tutélaire de James Brown, la légende du funk, que s’écrit ce qui va devenir l’émission culte des années 80. La fine fleur du rock français (Téléphone, Serge Gainsbourg, Little Bob, Chagrin D’Amour) va enregistrer sa version de « Sex Machine ». La trame scénaristique est limpide : Philippe et Jean-Pierre veulent à tout prix entrer dans le club à la mode, le Sex Machine, et se font sans cesse refouler par l’impitoyable videur Phify.

Brenda Jackson, l’assistante de l’émission, récupère un clip dont aucune émission télé ne veut. C’est « Billie Jean », de Michael Jackson. Manœuvre et Dionnet pètent les plombs à la vision de ce joyau, un des premiers vidéoclips de l’histoire. « Et dans la même émission, on avait Prince qui se faisait ligoter et fouetter ! » se souvient Philippe Manœuvre. Comme dans un rêve, toutes les étoiles sont en position, alignées, pour faire de Sex Machine l’émission phare d’une génération. Pétris de leur culture encyclopédique de rock, de films d’horreur et de comic books, les deux animateurs passent des nuits et des jours à construire le squelette narratif de SM.

Pour la programmation musicale, c’est le délire: Prince, Grandmaster Flash, Run-DMC, Rick James, George Clinton, Parliament/Funkadelic, Chic, Kid Créole & The Coconuts, Gap Band, Grace Jones, Marvin Gaye, David Bowie, Mick Jagger, Madonna, The Commodores, Ray Parker Jr… Tous les artistes qui ont du groove passent par Sex Machine.

Le sexe n’est pas oublié, les blondes à forte poitrine non plus. Mais sans franchir la ligne blanche : De la nudité, pas de vulgarité.

(c) Christophe Casazza

 

Et quelques apparitions cultes : la première télé de Juliette Binoche. La regrettée Pauline Lafont pour un génial générique aux images bédé signées Ted Benoît. Et Mia Frye. Sans oublier les guest stars Sting, Farid Chopel, Antoine de Caunes, Jacky Jakubowitz, Christine Ockrent, Bernard Pivot et Alain Pacadis.

Le succès d’une émission, c’est aussi celui d’une équipe : le réalisateur Jean-Louis Cap a mis en scène l’intégralité des émissions, leur insufflant une âme.

En sus du funk, le rap old school fut à l’honneur dans Sex Machine. Où ailleurs que chez Manœuvre et Dionnet aurait-on pu voir, en 1982, le clip du chef-d’œuvre de Grandmaster Flash & The Furious Five « The Message » ? La consécration officielle suivra. En 1985, à la cérémonie des 7 d’or, la récompense pour la meilleure émission musicale échoit aux Enfants Du Rock. Manœuvre et Dionnet viennent sur scène récupérer le trophée… Des mains de Michel Sardou. Choc des cultures.

Un jour, bien sûr, la fête a été finie. Elle aura duré trois ans et demi. Comme toutes les émissions de télé emblématiques, Sex Machine laissa des souvenirs. On vit, dans les années qui suivirent, les vocations qu’elle déclencha : les rappeurs français avaient découvert le funk et les premiers clips hip-hop durant les nuits à mater la Sex Machine.

C’est en 2009 que Sony, sous l’impulsion de Dionnet et Manœuvre, se lance dans la compilation des meilleurs moments de Sex Machine et propose à Hugues De Portzamparc, intéressé par le projet, de le prendre en charge. Résultat : Un condensé de 35 émissions en deux DVDs qui raniment des fantômes au groove tenace. Et une troisième rondelle avec les interviews de tous ceux qui ont participé à l’aventure : les producteurs Patrice Blanc-Francard et Alain de Greef, la chorégraphe Mia Frye, Phify l’incontournable physio du Sex Machine, le réalisateur Jean-Louis Cap, le joker Jacky Jakubowitz, Ku Kan alias mister Pétardo et bien sûr le duo Dionnet/Manœuvre, pour une interview d’anthologie.

Le résultat de tous ces trafics de funk ? Un triple coffret DVD, un double CD et un coffret top luxe rassemblant les cinq rondelles. Bref, un package all-stars qui rend son sens au mot « incontournable ».

Bienvenue dans les années Sex Machine. C’est ici et maintenant. Enfin.

Olivier Cachin

Disponible le 7 novembre