Bob Dylan

The Complete Album Collection Volume 1

Après l’ensemble des œuvres de Tony Bennett et de Miles Davis, c’est au tour de celle de Bob Dylan d’être réunie et présentée dans un coffret au titre imparable : « Bob Dylan: The Complete Album Collection Volume 1 ».   Depuis sa conception initiale en 2012 (année du 50ème anniversaire de la sortie du premier …

vendredi 22 novembre 2013

Après l’ensemble des œuvres de Tony Bennett et de Miles Davis, c’est au tour de celle de Bob Dylan d’être réunie et présentée dans un coffret au titre imparable : « Bob Dylan: The Complete Album Collection Volume 1 ».

 

Depuis sa conception initiale en 2012 (année du 50ème anniversaire de la sortie du premier album de Dylan), le projet a évolué pour devenir une solide porte d’entrée vers l’univers du Maître. En plus de retracer la carrière du chanteur, ce coffret peut également être lu comme une page de l’histoire de Columbia, label historique de l’artiste.

 

« The Complete Album Collection Volume 1 »raconte cette histoire de Bob Dylan, de ses débuts à New York à son évolution d’artiste complet qui a su se frotter à d’autres formes d’expression comme la peinture. Rien n’est gratuit dans l’œuvre de Dylan. Ses chansons sont devenues des hymnes qui ont bercé des générations et ont amorcé la réflexion politique et sociale dans la musique américaine.

Like a Rolling Stone

Lorsque « Like A Rolling Stone » (tirée de l’album « Highway 61 Revisited », titre inspiré de la route qui reliait sa ville natale aux plus beaux foyers musicaux du pays) entre dans le Top 40 américain le 14 août 1965, Dylan donne le LA et bouleverse la façon d’écrire et de produire une chanson. Au départ, le titre est un long poème de 10 pages dans lequel Bob Dylan couche ses nombreuses frustrations. Ce texte sert de base au titre qui ouvre cet album où pour la première fois, le chanteur sort du registre acoustique pur et s’adjoint les services de musiciens Rock. « Like A Rolling Stone » s’installe pendant 2 semaines consécutives à la seconde place du Top 100, avant que le mensuel Rolling Stone (ça ne s’invente pas) ne finisse par la qualifier de « plus grande chanson de tous les temps… »

 

Rainy Day Women # 12 & 35

Autre titre majeur dans la carrière de Dylan, « Rainy Day Women # 12 & 35 », démontre en atteignant également la deuxième place du Top généraliste américain que les Drug Songs, ces chansons où les héros s’acoquinent avec des substances légales dans certains Etats, prohibées dans d’autres, vont finir par se multiplier comme des petits pains. Même si certaines radios américaines et britanniques censurent ce titre en estimant que ses paroles étaient trop provocantes, « Rainy Day Women #12 & 35 » s’impose comme l’un des classiques absolus de Dylan.

 

Lay Lady Lay

Après son accident de moto le 29 juillet 1966, Dylan se retire de la scène pour une brève période. A la fin des années 60, « Lay Lady Lay » (album « Nashville Skyline », 1969), titre originellement prévu pour la B.O du film « Midnight Cowboy », devient un autre standard qui génère de nombreuses reprises (de Cher aux Isley Brothers en passant par Duran Duran). Ce titre offre également à Dylan sa dernière incursion dans le top 10 aux USA (la chanson se classe 7ème).

 

Ces trois chansons sont de simples exemples qui n’illustrent qu’en partie l’impact de la musique et de l’art de Bob Dylan sur  la culture contemporaine. A l’instar d’un Johnny Cash qui a su mélanger les genres musicaux et ainsi asseoir l’idée du « crossover », les chansons de Dylan ont marqué l’histoire du Rock et de la musique Pop dans sa faculté à se réinventer et à explorer de nouveaux horizons.

Largement reconnu par le public, il trouve chez ses pairs un respect qui lui permet d’entrer dans le fameux Rock & Roll Hall of Fame (1988) avant de recevoir le légendaire Grammy’s Lifetime Achievement Award (1991), et le prix Pulitzer de musique en 2008. Le chanteur de « George Jackson » (titre de 1971 dédié à un militant noir américain tué lors d’une émeute dans la prison de St Quentin le 21 août 1971) doit sa longévité à l’honnêteté constante de ses textes et de sa musique. En 2006, le public réserve à son album « Modern Times » (clin d’œil au film de Charlie Chaplin) un accueil chaleureux en lui offrant la première place du top albums aux USA (Billboard).

 

Sans cesse sur la route, il continue d’évoluer entre concerts et collaborations avec des artistes de différents horizons (ces dernières années il est apparu sur scène aux côtés de Mark Knoplfler avant d’enregistrer son dernier opus, « Tempest », dans les studios de Jackson Browne).

 

Pour la première fois, l’ensemble de cette œuvre est regroupée dans un coffret de 41 CDs, chaque album étant présenté sous la forme de vinyle « mini replica ». Un double CD complète le tout avec une sélection de Faces B et de titres ne figurant pas sur les albums originaux.

 

Un livret richement illustré et complété de nombreuses notes sert de guide / mode d’emploi à cette carrière dense. Le coffret sera également commercialisé sous la forme d’une clé USB collector en forme d’harmonica. Présentée dans une boite numérotée, cette clé contient tous les albums en formats MP3 et FLAC en plus d’une version électronique du livret. 51 ans après avoir signé son contrat chez Columbia, « The Complete Album Collection Volume 1» célèbre la carrière du dernier troubadour de la musique américaine : bien plus que l’histoire d’un homme, c’est la somme d’un des plus grands poètes de tous les temps.

 

Richard Lecocq